mercredi 16 juin 2010

Une soirée sur le ring...

...ou en tout cas pas bien loin !

Voici mes impressions -enfin- de ma soirée catch du 13 avril dernier. Vous trouverez aussi cet article sur le
Blog Sport de Madmoizelle où j'officie sous le pseudo de mirabelle.


Un char entier de chippendales jouant des maracas en sortant de la douche n’aurait pas suffit à me consoler si j’avais raté ça une seconde fois. Oui, les catcheurs de la WWE reviennent au Zénith de Strasbourg!
Septembre 2009, je suis installée devant mon ordinateur, fébrile, occupée à rafraichir inlassablement la page fnac.com jusqu’à ce que les « golden tickets » soient enfin mis en vente. Fébrile je le resterais jusqu’à ce fameux 14 avril
2010. Je suis excitée comme une puce, j’ai peur…Avec la boule au ventre des fans de Lady Gaga qui ont peur d’avoir payé trop cher leur billet pour un truc qui ne sera pas à la hauteur de leurs espérances les plus folles.

Mon Précieux!

Le jour J, c’est vêtue de mon t-shirt « Batista » que je pars à l’assaut du Zénith ( que certains appellent « lampe d’Aladin » moi, il me fait penser à une cannette en alu écrasée). Un peu honteuse, Batista ayant fait un heel turn, ne risque-je pas le lynchage par tous les fans « marks » de John Cena? Quelques pas sur le parking et la rencontre d’autres spectateurs viennent à bout de mes craintes : ce soir le t-shirt kitschouille est de mise, peu importe la superstar qui y figure!

Les shows actuels de la WWE se targuent d’être un divertissement familial avant tout. C’est donc sans surprise que l’on croise des gamins heureux comme des rois accompagnés de leur géniteur tout aussi heureux. Parmi la faune catchesque, il faut mentionner aussi l’adolescent chevelu qui se balade ostensiblement pour que les autres, envieux sans nul doute, puissent admirer sa fausse ceinture de championnat autour de la taille. Il y a aussi tout une floppée de 20-35 ans qui ont suivi avec assiduité le catch du temps où Canal + en diffusait et plus récemment ceux qui ont découvert le catch sur NT1 avec la télévision numérique. Sans compter tous les sosies de John Cena arborant la panoplie complète de leur champion préféré : casquette et manchettes bleues ET t-shirt orange. Une explosion visuelle à te donner une crise d’épilepsie! Mais mon spécimen préféré reste le beauf! J’avoue, j’appréhendais de me retrouver cernée de relous-premier-degré. Finalement je n’en ai rencontré qu’un, et pas des moindres! Mais j’y reviendrai plus loin.

Revenons d’abord à ce qui nous amène en ces lieux. Une fois entrée, ce qui me saute aux yeux c’est l’immensité de la salle par rapport au ring qui semble minuscule en comparaison. Et pas d’écrans géants de part et d’autre pour ceux qui seraient tout en haut dans les gradins. Alors ok, ce n’est peut-être qu’un house show (« show de catch qui n’est pas télévisé ni enregistré » dixit Wikipedia), mais tout de même une fédération comme la WWE aurait eu les moyens d’en faire installer, non?

20h30 : le show commence à l’heure, réglés comme une horloge ces américains!

Justin Roberts, le ring announcer officiel de RAW entre en scène le premier, chauffe le public qui n’a pas besoin de grand chose pour s’enflammer. Et c’est parti pour le premier combat : Evan Bourne contre Chavo Guerrero. Petite déception, je m’attendais à ce que les catcheurs entrent en scène en grande pompe avec feu d’artifice, comme on les voit à la télé, mais en fait non.Je me rend compte dès ce premier affrontement de l’interactivité entre les superstars et le public, très vite je me retrouve moi-même à hurler comme une furie pour encourager mon favori ou à conspuer le heel de service. Certains brandissent même des pancartes « You suck », « My duck is more awesome than the Miz », « Cena rules». L’ambiance générale bien qu’impressionnante est tout de même bon enfant et les blagues sont potaches. Pour en revenir au beauf, c’était bien le seul à hurler à contretemps « Chavoooooooooo » d’une voix se voulant sans doute féminine alors que personne d’autre dans la salle ne l’encourageait. Ses autres « encouragements » consistaient à brailler « Vache qui rit », « Banania » ou « Tequila » sans qu’on sache pourquoi. Je vous laisse imaginer le tableau. Et il était à côté de nous. VDM.

Tiens d’ailleurs, quand tu es spectateur d’une rencontre de catch il faut t’attendre à t’en prendre plein la tronche. Que ce soit la québécoise Maryse qui s’adresse au public strasbourgeois en disant « Bonsoir Paris », puis enchaînant en certifiant que « les français ne se brossent pas les dents et ne se rasent pas les jambes » ou encore Batista qui fait le guignol en imitant Cena et en se moquant des fans affichant la panoplie complète, il vaut mieux venir avec une bonne dose d’humour.

Les rencontres s’enchaînent, chacune avec ses moments marquants. Christian a mis le feu aux poudres et a démontré dans un match contre Dos Caras Jr qu’il n’était pas Captain Charisma pour des quetches. La rencontre éclair entre Chris Masters (Monsieur-je-fais-sautiller-mes-pectoraux) et Hornswoggle a apporté de la fraîcheur en même temps qu’une certaine rupture dans l’enchainement des matches. Le combat entre Maryse et Eve Torres était « arbitré » par la diva Kelly Kelly qui était plutôt là pour montrer son popotin musclé aux quatre coins du ring. RAW nous a gratifié d’un match triple menace des plus réjouissants opposant Ted DiBiase, Kofi Kingston et The Miz (qui a fait l’effort de parler en français!). Mark Henry, qui semble aussi grand que large, a failli faire exploser la tête du guerrier celte Sheamus en se laissant tomber dessus lourdement mais ça n’a pas empêché le heel le moins U.V.isé de la WWE de gagner.

La pression va crescendo au fur et à mesure jusqu’à l’ultime affrontement. Un tag team match (match par équipe) opposant Big Show et Batista à Randy Orton et John Cena! Le public est en délire, la tension à son comble. Il faut dire qu’ayant été les pires ennemis jusqu’à très récemment les cocos sont loin de faire une équipe convaincante.

Randy va t-il se retourner contre son coéquipier en plein match? John lui fait-il vraiment confiance?

Mystère, mystère.

La cloche retentit pour la dernière fois de la soirée. Le main event commence. Pendant que Batista prend des poses de statue grecque, Big Show et Cena se tiennent face à face. Ils sont près l’un de l’autre, très très près. On pourra croire qu’ils vont s’embrasser, et ils ont même l’air de se retenir de rire! Le match débute doucement, Batista fait son lâche en sortant du ring pour gagner du temps, puis le rythme s’accélère lorsque Randy-les-belles-cuisses (et je ne parle pas de ses fesses!) entre en jeu. Chacun nous montrent ses plus belles prises, Cena nous fait le coup du « You can’t see me » et Randy (qui fait bien la tête de psychopathe) nous fait la vipère en colère, portant par ci par là quelques RKO. La tension est à son apogée, on sent la fin toute proche et c’est…évidemment là que les gamins de devant ont innocemment brandi leur pancarte alors que tout se passait au sol GNNNNNPPPFFF!

Au final, c’est l’équipe Orton/Cena qui remporte le combat. Après s’être jaugés l’un l’autre du regard, ils finissent par se prendre par la main et lever les poings au ciel en signe de victoire. Qu’est-ce que c’est mignon! Les vaincus partent discrètement tandis que les vainqueurs saluent les fans fous de joie. Happy end, tout est bien qui finit bien.

Randy-les-belles-cuisses!

De la fesse ferme, du cuissot galbé, des muscles soigneusement huilés, j’étais venue pour voir ça bien sûr, ne nous voilons pas la face, mais j’étais loin de me douter que j’allais rire autant. Tout le monde joue le jeu : les catcheurs, le ring announcer, les spectateurs petits et grands. C’est extraordinaire! Chacun y trouve son compte et prend son pied. J’y retournerai, c’est sûr. Rendez-vous en novembre au Galaxie d’Amnéville?

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